Moi, j’arrête le consulting et je me casse élever des chèvres dans le Larzac !

Il est de bon ton de rappeler que NON, nous ne sommes pas en vacances, nous sommes en plein projet de découverte de l’autre. « L’autre » pouvant prendre la forme d’un pays, d’une culture, d’une religion, d’une cuisine, d’habitants…  Et pour éviter les remarques du style « vous avez bien glandouillé pendant un an ? », « c’est sympa un an de vacances ? », etc… et bien nous avons pris les devants et nous nous sommes remis au boulot… en Thaïlande ! Bon, d’abord, on a du prendre des forces et faire une escale gastronomie à Bangkok ! Oui parce que souvenez-vous, on arrivait directement d’Inde et Albane avait lancé un SOS d’un bacon en détresse au monde entier ! Du coup, après une bonne rasade de bœuf, jambon et autre nourriture occidentalisée se différenciant du riz au poulet, nous avons atterri dans une ferme à 300 kms à l’ouest de Bangkok pour passer nos 8 premiers jours de woofing.

Le burger mérité
Le burger mérité

Le woofing (ne faites pas comme si vous saviez ce que c’est, moi j’en avais aucune idée jusqu’à ce qu’Albane l’écolo m’en parle), c’est du volontariat réalisé principalement dans des fermes, ou a minima chez des personnes qui bossent dans leur jardin. Oui oui, nous avons tout à fait le profil pour faire ce genre de boulot, les reins solides, de la corne sur les mains, une appétence particulière pour les travaux manuels, tout ce que le métier de consultant vous apporte en fait !  

 

Comment avons-nous choisi l’endroit ? Prenez Albane, une connexion internet, une recherche intensive de plans woofing, mais un seul critère de choix : y’a-t-il des bébés animaux qu’on pourra nourrir au biberon ? Et voilà qu’elle tombe sur une photo d’un chevreau nourri au biberon… Le choix était plié ! Nous voilà partie prenante d’un projet un peu particulier : the little friendly farm project. Il s’agit d’une ferme à but purement éducatif. Arnon, le propriétaire thaï, a créé cette ferme afin de de rendre heureux ses animaux et d’en faire une vitrine d’éducation pour les enfants de la ville voisine. C’est chouuuu…    

 

Mais qu’est-ce qu’il y a comme bestioles là-dedans ? On se croirait dans une ferme du Larzac (!), des chèvres, des moutons, des daims, des lapins, des cochons d’Inde, un vrai cochon et son rejeton, des chevaux (nains, non ce n’est pas des poneys !), des poulets, des oies, des chatons, que de l’exotique en fait !!    

 

Et nous, on a fait quoi finalement ? Allez, c’est le passage moqueries… Et bien, oui, nous, habitués de nos boulots d’intellectuels assis devant un ordi toute la journée, nous avons mis les mains dans la terre, la vraie, la dure (quoique pas trop avec tout ce qu’il a plu !) et nous avons bossé comme des acharnés, à avoir des ampoules plein les mains ! Et oui, nos journées de travail comprenaient au bas mot…3h de boulot par jour ! Chaud hein ? et malgré cela, on ne plaisante pas sur les ampoules plein les mains… Bref on aurait dit Laurel et Hardi au bout de leur vie dans un jardin. Nous avons donc eu la joie de nettoyer à peu près 150 kg d’excréments d’ovins (estimation personnelle, c’est incroyable ce que ça ch… un mouton !) et idem pour les chevaux. Et oui parce que donner le biberon c’est mignon mais c’est à peu près 2% du temps de boulot… Et après le nettoyage des enclos il a fallu laver les bestiaux… car oui 10% de leurs excréments que nous n’avons pas récuré sur le sol se retrouvent dans leur jolie laine ! Lavage du cachemireEt hop ni une ni deux, Marc court, poursuit, attrape et soulève un charmant mouton qui bêle à la mort. Le mouton est ensuite bloqué très délicatement entre les jambes pour procéder au lavage ! Le problème c’est que tu te retrouves plus douché que le mouton lui-même alors que non, on en n’avait pas plus besoin, et surtout que tu laves un mouton … avec de la lessive (n’oubliez pas, le projet de cette ferme est à but éducatif…)! Autant vous dire que même après la douche, le mouton est bien loin du joli cachemire tout beau, tout doux, tout soyeux et qui sent bon ! Enfin, nous avons labouré des hectares de terre en vue de planter des légumes (ok, on a dû faire à peu près 20m2 au maximum sur 8 jours).  

 

Notre premier copaing de woofing
Notre premier copaing de woofing

Ce qu’on a adoré ? Lors de notre arrivée, sur les coups de 18h30, la nuit tombée, il pleut des cordes, Arnon nous montre notre chambre, un bungalow sur pilotis complètement ouvert (des trous à la place des fenêtres, un toit en chaume très ajouré). Petit tour du propriétaire pour découvrir le luxe des sanitaires qui sont, of course, à l’extérieur des bungalows. Première rencontre avec un splendide scorpion d’une dizaine de centimètres, Albane adore ! Son cerveau réagissant rapidement, elle s’enquiert de la présence potentielle de serpents dans la ferme ! Si y’a des scorpions, pourquoi pas des serpents ? Réponse de notre hôte : « Ah oui, la semaine dernière, un python est entré dans la ferme, du coup avec d’autres volontaires on l’a tué, dépecé, mangé et j’ai même gardé sa peau ! ». Effectivement, au milieu de la ferme trône une magnifique peau de python d’à peine 2m50 de long !  Mais ce n’en était pas fini des serpents ! Le lendemain, nous rencontrons des poulets aveugles à cause d’un petit crachouilli d’un cobra (une poule c’est con, mais alors une poule aveugle…). Réaction de notre hôte : « S’il bute mes poules, moi je vais le buter lui ! Et après je vais le faire cuire et le manger lui aussi ! » …ah d’accord. Ni une ni deux, une chasse au cobra est déclarée à l’arrière du poulailler. Armé d’un bout de bambou de 3 mètre de long surmonté d’une triple fourche, nous déblayons un tas de fumier, repère apparemment parfait pour un serpent… Après des heures intensives de recherche en short et tongs, nous avons bel et bien déblayé tout le tas de fumier sans n’avoir jamais trouvé de serpent… Mais en revanche, on a très bien déblayé !  

 

Ce qu’on a moins aimé… Durant nos 8 jours passés là, un cochon d’Inde et un lapin sont morts, nous avons donc commencé un cimetière à l’arrière de l‘enclos. Au-delà d’enterrer des bestioles mortes, ce qui n’est jamais très agréable, nous avons été un peu déçus par la non assistance à bestioles en danger (petite parenthèse nécessaire : certes, enterrer des bestioles n’est pas drôle mais quand Marc creuse une tombe à lapin et éclate en fait la canalisation d’eau qui alimente toute la ferme, ça devient beaucoup plus marrant !). Car il est clair que le lapin était malade (et ce n’était pas beau à voir) et aucun soin ne lui a été apporté. Bien qu’il y ait un vétérinaire dans la région, il n’a jamais été question de lui demander de l’aide et les animaux ne sont donc absolument pas suivis. Question d’argent ou autre, nous n’en savons rien…  

Ensuite, nous avons trouvé dommage qu’Arnon ne tire absolument aucun bénéfice de sa ferme. Sans forcément en faire une ferme industrielle, récupérer la laine des moutons, vendre les œufs, ou pourquoi pas faire du fromage, permettrait de dégager un peu de trésorerie et pourquoi pas se payer les services d’un vétérinaire de temps à autre…  

Autant vous dire que l’expérience fut bonne et que l’entrée dans le monde du travail à la ferme plutôt agréable ! On se demande vraiment pourquoi les fermiers passent leur temps a râler en France !

Tic&Tac ont un nouveau compagnon!
Tic&Tac ont un nouveau compagnon!

 

1 817 réponses à “Moi, j’arrête le consulting et je me casse élever des chèvres dans le Larzac !

  1. aaaaaaah ça fait plaisir!! je vous attends pour qu’on ouvre notre petite ferme dans le larzac 🙂
    Aalbane tu as une très jolie bague, tu m’en ramènes une pareille ? Surtout que moi je ne passerai pas mon anniversaire en Thaïlande.. si tu vois où je veux en venir 🙂 bisous! <3
    et j'ai hâte de rencontrer le nouveau marc écolo!!
    bisous les copains!

  2. Wahou!!! Je suis fière de vous les copains ! Vous voilà deux vrais petits bouzeux comme on dit chez les agri.
    Vous allez essayer d’en refaire ? Le woofing existe dans tous les pays.
    La petite explication du soir bonsoir : En France les éleveurs râlent parce qu’ils travaillent 70 heures par semaine, pas de vacance, pas de weekend. Leur boulot consiste à nourrir la population mais n’est pas reconnu à sa juste valeur puisque carrouf et autres grands distributeurs leur achète leur production a tellement bas prix qu’ils ne tirent même pas un smic. par personne. Certains ne se laissent pas faire et font de la « vente directe » mais pour d’autres ça n’est pas forcément possible.

  3. Hello les zipperdules,

    Petit coucou de Thionville avant de prendre le repas avec les grand parents 😉 Et par la suite le traditionnel match dominical qui m’a amené vers la porte du luxembourg ce jour.

    Profitez bien et à bientôt

    Nicolas

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